Ultia et le CNC: Chronique d’une dérive entre « potes » et idéologie

Le monde de la culture française vient de vivre un séisme qui dépasse les simples querelles de réseaux sociaux. En mars 2026, la streameuse Ultia, fraîchement nommée à la commission d’aide aux créateurs du CNC (Centre National du Cinéma), a été brutalement remerciée. La cause ? Des déclarations publiques qui ont fait voler en éclats le mythe de la neutralité des subventions publiques.

1. « Si t’es mon pote, je te sauce » : Le retour du népotisme 2.0

On pensait que l’arrivée de la « Génération Twitch » dans les instances du cinéma allait dépoussiérer un système souvent accusé d’entre-soi parisien. Le choc a été inverse. Lors d’un live devenu viral, Ultia a admis sans fard sa méthode de sélection : « Si t’es mon pote, je te sauce ».

Cette phrase, bien plus qu’une maladresse, révèle une conception du service public comme un gâteau à partager entre alliés. Le mérite artistique s’efface devant le « réseautage » et la proximité personnelle. Ce que l’on reprochait jadis aux vieilles élites du cinéma est ici reproduit, avec une arrogance décuplée, par ceux qui prétendaient les remplacer.

2. Le tri sélectif : L’idéologie comme barrière à l’entrée

Au-delà du copinage, c’est le filtrage politique qui a choqué. Ultia a été claire : l’argent public ne doit aller qu’à ceux qui pensent « bien ». En déclarant ouvertement exclure les créateurs marqués à droite ou ceux ne partageant pas son militantisme, elle a transformé une commission d’aide de l’État en tribunal de la pensée.

« Si t’es d’extrême droite, désolé, pas de thune. » Cette posture pose une question démocratique majeure : peut-on utiliser les taxes de tous les Français pour ne financer que les amis d’une faction politique ? En agissant ainsi, elle a confirmé les craintes d’une « mort sociale » du cinéma : un art qui ne s’adresse plus à la nation, mais qui finance sa propre garde prétorienne idéologique.

3. La réaction du CNC : Un aveu d’échec

L’éviction d’Ultia par le CNC, le 26 mars 2026, pour « manque de partialité », n’est pas seulement une sanction individuelle. C’est le signe que l’institution a eu peur de perdre sa dernière once de crédibilité. Mais le mal est fait : la polémique a mis en lumière les critères souvent flous de l’attribution des aides « CNC Talent ».

L’illusion de la réformeLa réalité des faits
Promesse : Diversité des profilsRéalité : Cooptation idéologique
Promesse : TransparenceRéalité : Entre-soi et « sauçage » entre amis
Promesse : Renouveau du publicRéalité : Radicalisation et exclusion

4. Conclusion : La culture française au bord du gouffre

La « mort sociale » du cinéma subventionné est désormais totale. Ce n’est plus seulement une question de baisse d’entrées en salles, c’est une rupture de confiance. Quand la culture devient un guichet réservé à un cercle de « potes » militants, elle cesse d’être un art pour devenir une bureaucratie de l’opinion.

Si le cinéma français veut survivre, il devra se libérer de ses nouveaux censeurs numériques. Car à force de ne vouloir parler qu’à ses amis, il finira par se retrouver seul dans une salle vide, avec pour seul écho le silence d’un public qui a fini par aller voir ailleurs.

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