Prise de parole brisée : quand l’algorithme de TikTok censure le témoignage d’une victime de viol

Vouloir briser le silence autour des violences sexuelles peut parfois vous coûter votre compte, pendant que la haine en ligne continue d’y circuler en toute liberté.

Récemment, le créateur de contenu Toam (suivi par plus de 31 000 abonnés sur son compte @toam_rap) a pris la parole sur TikTok pour livrer un témoignage fort et intime sur le viol dont il a été victime. Une démarche motivée par un besoin de reconstruction, mais aussi par la volonté de briser un tabou encore trop présent. Pour respecter les règles de la plateforme et le cadre légal, l’auteur avait pourtant pris soin d’anonymiser l’identité de son agresseur.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : une vague de solidarité s’est immédiatement formée dans l’espace des commentaires. Des dizaines d’hommes et de femmes, victimes de traumatismes similaires, ont pu y trouver un espace d’écoute, d’échange et de libération de la parole.

La réponse aveugle des robots

Mais cet élan d’entraide a rapidement été stoppé par la plateforme. La vidéo a été supprimée à deux reprises par les systèmes de modération automatique. Pire encore, ces suppressions répétées ont déclenché un signalement sur le compte du créateur, le menaçant d’un bannissement définitif.

En cause : une modération gérée par des algorithmes incapables de saisir le contexte. Conçus pour repérer et supprimer les mots-clés liés aux violences sexuelles afin d’éviter les dérives, ces robots ne font pas la différence entre l’apologie d’un crime et le témoignage d’une victime qui cherche à se reconstruire.

Un « deux poids, deux mesures » révoltant

Cette situation met en lumière un dysfonctionnement profond dans les politiques de modération des géants du Web.

D’un côté, la parole des victimes est censurée au moindre mot déclencheur. De l’autre, le cyberharcèlement, les raids d’insultes et les messages de haine continuent trop souvent de prospérer sans réelle sanction, en contournant les filtres par des jeux de mots ou de l’orthographe alternative. Une asymétrie brutale qui punit la vulnérabilité tout en laissant l’impunité s’installer.

Il est désormais urgent que des plateformes comme TikTok revoient leur système d’arbitrage et remettent l’humain au cœur de la modération pour éviter que les victimes ne soient censurées une seconde fois.

Retrouvez directement le compte TikTok deToam (@toam_rap).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *