Un nouvel accord de cessez-le-feu, négocié mercredi à Washington sous l’égide des États-Unis, tente tant bien que mal de se mettre en place au Liban, mais la situation sur le terrain reste extrêmement précaire et explosive.
1. Déploiement de l’armée libanaise et « zones pilotes »
Pour la première fois dans le cadre de cet accord, des soldats de l’armée régulière libanaise ont commencé à se déployer à Debbine (district de Marjayoun), dans le sud du pays. L’objectif de Beyrouth est d’instaurer des « zones pilotes » où les forces étatiques exerceraient un contrôle exclusif.
2. Le Hezbollah et l’Iran rejettent les conditions
Malgré les efforts diplomatiques, l’accord est déjà contesté :
- Le Hezbollah refuse : Naim Qassem, le leader du mouvement, a officiellement rejeté les termes du cessez-le-feu, affirmant n’avoir pris aucun engagement à cesser la résistance. Il exige un accord global sans distinction entre le sud et le reste du pays.
- L’Iran s’en mêle : Les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré qu’il n’y aurait « aucune paix » tant qu’Israël ne se retirerait pas totalement du Liban. De son côté, le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a dénoncé les tentatives de l’ennemi de diviser le peuple.
3. Les combats et les frappes continuent
Sur le terrain, la trêve n’existe pas :
- Des roquettes ont été tirées vers les forces israéliennes opérant dans le sud.
- L’aviation israélienne poursuit ses frappes, notamment dans le district de Tyr où au moins trois personnes ont été tuées. Le bilan humain au Liban atteint désormais 3 526 morts et plus de 10 700 blessés depuis le 2 mars.
- L’accord actuel ne prévoit pas de retrait immédiat des troupes israéliennes et occulte totalement la question cruciale du retour de près d’un million de déplacés libanais.
4. Un Casque bleu de l’ONU tué
La tension a franchi un cap avec la mort d’un pacifiste serbe de la FINUL (Milovan Jovanivic), tué par un tir de mortier près de Marjayoun. Deux autres Casques bleus ont été blessés. Israël accuse le Hezbollah d’être à l’origine de cette attaque, fermement condamnée par l’ONU.
5. Escalade régionale : Le Koweït visé
Signe que le conflit menace de embraser le Golfe, une attaque de drone attribuée à l’Iran a frappé l’aéroport international du Koweït, faisant un mort et des dizaines de blessés. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a fermement condamné cet acte et réaffirmé l’engagement des États-Unis à protéger la sécurité du Koweït.